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Exigences spécifiques et sensibilités caractéristiques de l’incubation des œufs de dinde

Dans le cas des œufs de dinde, le taux de réussite de l’incubation est élevé lorsque tous les paramètres d’incubation propres à l’espèce sont gérés correctement. Par conséquent, il vaut vraiment la peine d’investir dans une série d’équipements d’incubation qui permettent d’affiner les processus et les paramètres.

Par Stephen Evans, spécialiste en couvoirs

La nature comme référence

Le processus d’éclosion naturel représente le point de départ de la philosophie d’incubation de Petersime. Nous essayons systématiquement d’imiter l’expérience de l’embryon dans le nid. La méthode dénommée Embryo-Response Incubation™ implique une technologie qui répond explicitement aux exigences spécifiques des différentes espèces d’oiseaux.

Cet article présente les trois composantes clés de la technologie Embryo-Response Incubation™ de Petersime pour l’incubation d’œufs de dinde :

  • 1. L’incubateur BioStreamer™ Re-Store pour le traitement thermique des œufs stockés avec de courtes périodes d’incubation.
  • 2. La technologie d’incubateur Operational Excellence™, en particulier le dispositif de mesure automatique de la température des coquilles d’œufs, comme moyen de réguler la température de l’air et les niveaux de CO² pour contrôler la ventilation et les pertes d’humidité.
  • 3. La technologie d’éclosoir Operational Excellence™ et, en particulier, le CO2 comme moyen de contrôler la ventilation et l’humidité.

L’adoption d’une approche unique pour l’incubation des œufs de dinde est cruciale

Traitement thermique des œufs de dinde stockés

L’accouplement naturel dans les troupeaux de dindes est loin d’être une pratique courante. En revanche, l’insémination artificielle permet d’atteindre des taux de fertilité particulièrement élevés. Pourtant, la viabilité de ces œufs fertiles se révèle souvent peu satisfaisante. Parmi les causes possibles, citons les disparités importantes dans les stades de développement embryonnaire des œufs de dinde au moment de la livraison au couvoir.

Les différents stades de développement embryonnaire ont été identifiés et classés par Eyal-Giladi et Kochav, ainsi que Hamburger et Hamilton. Des recherches suggèrent que l’embryon a le meilleur taux de survie pendant la période de stockage lorsqu’il se trouve au treizième stade. Les œufs à des stades antérieurs risquent davantage de mourir pendant le stockage. Une comparaison entre les œufs de dinde et les œufs de poule a permis de déterminer que près de 60 % des œufs de dinde se trouvaient au dixième stade de pré-développement lors de la livraison au couvoir.

En vue de prévenir toute perte d’embryons de dinde précoce, il est possible d’utiliser le traitement thermique pendant le stockage dans une machine Petersime BioStreamer™ Re-Store dédiée afin d’accélérer le développement embryonnaire jusqu’au treizième stade de sorte à uniformiser les stades auxquels se trouvent les embryons. Des essais avec des partenaires de recherche ont mis en avant les avantages du traitement thermique pour les œufs de dinde.

Essai comparatif du troupeau nº 1 : traitement Re-Store vs absence de traitement

Essai comparatif du troupeau nº 2 : traitement Re-Store vs absence de traitement

Les traitements ultérieurs Re-Store sur les œufs stockés pendant une période prolongée améliorent le taux d’éclosion en rétablissant la croissance cellulaire et la capacité de survie des œufs de retour à l’étape du stockage. Cette procédure améliore non seulement la viabilité des œufs fertiles, mais permet également, en combinaison avec la technologie d’incubateur et d’éclosoir, d’obtenir une fenêtre d’éclosion plus étroite.

Technologies d’incubateur et d’éclosoir distinctes

Lorsque l’incubation commence, la mesure et l’application de valeurs de consigne en matière de CO², ainsi que la mise en correspondance du taux de CO² avec les taux de ventilation, permettent d’éviter tout changement indésirable de l’environnement gazeux dans lequel évolue l’embryon. De cette manière, l’environnement peut être adapté aux exigences d’échange gazeux spécifiques et en constante évolution de l’embryon afin de stimuler un bon développement vasculaire et d’atteindre les chiffres de perte pondérale cibles.

Un embryon en développement produit deux déchets, à savoir du CO² et de l’eau, ce qui entraîne une perte pondérale
En évacuant l’eau progressivement, un œuf réduit son poids. La perte pondérale d’un œuf fertile se manifeste par la taille de la chambre à air à l’extrémité émoussée de l’œuf. C’est la chambre à air que rompt le poussin en premier lors de l’éclosion. La perte pondérale idéale lors du transfert est d’environ 10 % du poids de l’œuf au début de l’incubation. Le non-respect de cette proportion est généralement synonyme de problèmes de santé du poussin.

Un dispositif de mesure automatique de la température des coquilles d’œufs permet de contrôler l’environnement de l’embryon en développement et en constante évolution afin qu’il puisse grandir dans un environnement idéal pour répondre à tous ses besoins spécifiques en fonction du stade de développement.

Des essais sur des dindes ont montré que la transition critique de la phase endothermique à la phase exothermique de l’incubation nécessite une température plus basse par rapport aux autres espèces. C’est ainsi qu’un programme spécifique de température des coquilles d’œufs de dinde unique et distinct de celui d’autres espèces a été élaboré.

Les œufs de dinde sont particulièrement sensibles à la température

Le secteur de la dinde est également unique en ce qu’il est composé de marchés aux exigences variables. En effet, certains marchés se tournent vers les petites dindes tandis que d’autres les préfèrent de taille moyenne voire de grand gabarit. Ces différences sont même présentes au stade embryonnaire et peuvent nécessiter des environnements de température distincts.

Pour ce faire, le programme de température des coquilles d’œufs, qui prévoit une augmentation progressive depuis le début de la phase exothermique jusqu’au transfert, peut être adapté en fonction de la taille de la souche de dinde incubée. Ce principe doit toujours être respecté, et ce, quelle que soit la souche de dinde.

Gestion de l’éclosoir

L’éclosion de dindonneaux constitue un art en soi. Alors que d’autres espèces pourraient se développer malgré une mauvaise gestion de l’environnement d’éclosion, ce n’est pas le cas des dindes. En effet, de nombreuses spécificités font qu’il est indispensable d’assurer une gestion correcte de l’éclosoir.

Pour créer l’environnement d’éclosion idéal pour les dindes, Petersime a mené des essais en examinant différentes vitesses de ventilateur et l’incidence de ce facteur de contrôle sur les moments clés du processus d’éclosion.

En diminuant progressivement les vitesses de ventilateur pendant la période d’éclosion, l’équipe a identifié une vitesse précise à laquelle la mortalitéétait nettement inférieure. Il en a été conclu que les vitesses du ventilateur affectaient directement les niveaux d’énergie dépensés par les dindonneaux lors de l’éclosion. Des vitesses de ventilateur plus élevées ont provoqué un véritable épuisement, à tel point que les dindonneaux ne sont pas parvenus au bout du processus d’éclosion. Des vitesses réduites se sont révélées davantage bénéfiques pour les dindonneaux, et les ont aidés à éclore sans succomber à l’épuisement. C’est ainsi qu’un éclosoir spécialement adapté aux dindes a vu le jour, avec des vitesses de ventilateur distinctes des programmes utilisés pour d’autres espèces.

L’importance de l’adéquation des taux d’humidité et de CO²

La gestion de l’humidité au sein d’un éclosoir d’œufs de dinde n’est peut-être pas unique en soi, mais définit certainement la philosophie Embryo-Response Incubation™ de Petersime. Les dindonneaux se montrant particulièrement sensibles à la température, il faut tenir compte des variations de température engendrées par l’action de la pulvérisation. Il est donc préférable de ne pas avoir recours à des systèmes d’humidification par pulvérisation. Notons toutefois que l’humidité demeure essentielle pendant l’éclosion pour maintenir les membranes de la coquille humidifiées. En vue de favoriser un environnement riche en humidité et propice à l’éclosion des dindonneaux et à leur extraction complète de leur coquille, le niveau de CO² doit contrôler le taux de ventilation de la même manière que dans l’incubateur.

Pour encourager les oiseaux plus tardifs à éclore, notre programme nécessite une augmentation du CO². Par conséquent, les niveaux de ventilation sont réduits. Comme cela coïncide avec l’éclosion des œufs, l’humidité libérée naturellement est capturée à l’intérieur de la machine. Cette humidité n’a aucun effet néfaste sur la température. Au contraire, elle aide à humidifier les membranes des coquilles, ce qui permet aux dindonneaux d’éclore sans dépenser trop d’énergie.

Le timing est ici essentiel à la réussite. Si le CO² augmente trop tôt, les dindonneaux qui éclosent tardivement s’habituent à leur environnement et ne le perçoivent plus comme un stimulus. Idéalement, le processus correspond au début de l’éclosion, et permet le rétrécissement de la fenêtre d’éclosion et réduction de l’incidence des dindonneaux bêchés vivants non-éclos. C’est ainsi que se termine le travail initié par le traitement thermique Re-Store et poursuivi par l’incubateur Operational Excellence™.

Les équipements d’incubation d’œufs de dinde de Petersime, un véritable atout

En conclusion, les dindes ont des spécificités propres à leur espèce dont il faut tenir compte au cours de la gestion de l’incubation. La suite d’équipements d’incubation de Petersime, avec sa technologie unique Embryo-Response Incubation™, offre aux couvoirs de dindes la possibilité d’identifier les détails critiques et l’assurance de répondre aux besoins spécifiques avec une précision maximale. Dès lors que l’on comprend les avantages à tirer en ce qui concerne le taux d’éclosion des œufs de dinde et que l’on utilise correctement la technologie de Petersime, le potentiel d’amélioration est infini.